• Clair2010; incroyable!

    Il y a quelques jours que je suis revenue de l’événement Clair2010 et sans vouloir faire un jeu de mots plate, je n’en reviens pas encore. Une si petite ville, une si petite école mais oh combien dynamique et équipée en techno! D’autres l’ont certainement mentionné dans d’autres billets mais l’accueil du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska était vraiment exceptionnel!!

    Comportement peut-être typiquement universitaire mais l’expérience a aussi suscité  chez moi un paquet de questionnement autant en discutant avec d’autres personnes présentes qu’en participant à différents ateliers.

    D’abord, un participant mentionne dans un atelier qu’il ne voit pas l’importance de publier du contenu qui n’apporte rien au Web en faisant référence aux états d’âme que l’on retrouve souvent dans les blogues. Évidemment, ça m’interpelle puisque c’est un peu ce que je fais et je l’assume. En fait, j’ai douter pendant un instant de ce que je faisais sur ce site. Mais je me demande si mon objectif est réellement d’apporter quelque chose « au Web » et pas plutôt « au gens » qui suivent mon blogue et évidemment, à moi-même. J’aime l’idée de croire qu’en partageant cet état d’âme, quelqu’un d’autre se sentira interpelé (ou pas de tout!) et que ça l’aidera quelque part dans une réflexion, dans un cheminement, … Est-ce que c’est fou de penser qu’on peut apprendre d’une émotion autant que d’une « connaissance », d’une « information »?

    Dans la conférence de Prensky, il y a quelques trucs qui m’ont chicoté et un de ces trucs est que «les jeunes exigent des technos». Woooooooooo! Vraiment? En questionnant ici et là les jeunes de cette école, je me rends plutôt compte que les technos sont là, c’est « super cool » mais d’un autre côté, même si leur prochaine école (au secondaire) ne leur en offre pas autant, ils s’arrangeront autrement et feront tout simplement d’autres activités. J’imagine plutôt les technos dans une école comme un élément qui permet notamment d’augmenter la motivation des jeunes, de développer de nouvelles compétences et d’utiliser d’autres moyens pour s’exprimer, pour créer et pour apprendre. Ce qu’ils vivent est une expérience extraordinaire mais je doute, comme le dit Prensky, que les jeunes exigent les technos.

    Un autre élément que je retiens, c’est le bel exemple que montre le CAHM à toutes les autres écoles. J’entends souvent des enseignants qui disent « C’est bien beau l’utilisation des technos dans les classes mais on peut pas à notre école parce qu’on a pas d’argent pour en avoir ». Si le CAHM localisé dans un petit village du Nouveau-Brunswick avec ses quelques 180 élèves ont réussi à se débrouiller et à recueillir l’argent nécessaire pour s’équiper de la sorte, alors tout le monde peu  Toutefois, j’ai l’impression que l’élément clé de réussite d’un tel projet c’est d’abord et avant tout la volonté et la motivation de la direction de l’école. M. Roberto Gauvin, directeur de l’école, a su mobiliser le personnel de son école dans la réalisation de ce beau projet et a certainement mis beaucoup de temps et d’effort dans les nombreuses demandes de subventions. Bref, ça prend beaucoup d’implication dans un tel projet mais quelque part, c’est possible!

    Il y aurait tant de choses à dire, mais je m’arrête pour le moment. C’est pas tout bloguer, il faut aller à nos cours!

    Mots-clefs :

5 Comments


  1. Sylvain dit :

    Tout d’abord merci pour ton billet… et tes états d’âme :-)
    Ceux-ci apporte l’élément affectif sans lequel aucun apprentissage ne se fait. La connaissance pure transmise de vase en vase, ça n’existe que dans certains esprits, mais ça se concrétise à peu près pas…

    Quant au côté techno: il doit, à mon avis, déboucher sur un verbe ou deux (Communiquer et apprendre, par exemple). La techno est un moyen, un moyen actuel, comme l’électricité en a été un jadis pour se chauffer, par exemple… Les moyens changent, évoluent, mais la tâche fondamentale (communiquer, apprendre, etc.) reste la même !

    Suis en train d’écrire mes billets dans des commentaires ici et ailleurs, moi ;-)

  2. Jacques dit :

    Tu as bien raison : tes écrits ici rejoignent des gens, pas « le web », qui n’est que le véhicule. Moi aussi, je me suis souvent demandé « pourquoi bloguer » (http://zecool.blogspot.com/2008/09/avoir-quelque-chose-dire.html). Mais à chaque fois, je réalise que cela en vaut la peine car je tisse des liens professionnels, je participe au débat ou bien j’écoute, je lis, je m’instruis, je me questionne à la lecture de billets si bien écrits ici et là dans ma blogosphère.

    Et puis, il y a surtout le fait que je n’hésite pas à partager sur la place publique mon instrospection, particulièrement sur les questions d’éducation au 2e siècle; écrire devient un peu une extension de moi. Et puis encore, si seulement j’avais la plume d’une telle ou d’un tel, mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron.

    Bonne continuation!

  3. Jacques dit :

    21e siècle, pas 2e ;-)

  4. Bernard dit :

    À mon tour de confirmer que je te lis régulièrement et que « tes états d’âme » m’amène toujours un peu plus loin dans mes réflexions. Je dirais donc au participant qui a dit “qu’il ne voit pas l’importance de publier du contenu qui n’apporte rien au Web ” de commencer à marche en regardant vers l’avant au lieu de reculant et de voir la passé comme son unique point de référence (comme le disait si bien Prenski). Je trouve bien intéressante ta phrase “les jeunes exigent les technos. Wooooo! ” Ils se demandent peut-être pourquoi nous, les adultes, on en fait tout un plat. D’ailleurs, ces jeunes ont une vie bien réelle avec des émotions et des sentiments d’adolescents. “Les verbes ne changent pas, ce sont les outils » et eux ils les utilisent sans trop se poser de question. Par contre, je ne suis pas certain qu’ils réalisent toute l’accessibilité que le CAHM leur offre et j’ai l’impression que plusieurs vivront un choc si l’école secondaire ne leur offre pas plus d’accès. Chez nous, les élèves du primaire (petites écoles) ont beaucoup plus d’occasions d’utiliser les TIC dans leurs apprentissages que les élèves du secondaire (grandes écoles). Que doit-on changer dans ces écoles?

    Merci pour ton partage!

  5. Helene Dufour dit :

    D’abord, merci à tous pour vos commentaires! Vous faites bien de me rappeler que ce sont les outils qui changent et non pas les verbes. J’ai beaucoup critiqué certaines parties du discours de Prensky mais cet élément en est un que j’ai particulièrement aimé. Je trouve que ça fait moins peur aux profs que de leur dire que les « technos » vont changer totalement leur manière d’enseigner et qu’on ne peut envisager l’enseignement sans les TIC. J’ai l’impression que les réfractaires aux TIC aimeront savoir que la base en éducation que sont les verbes tels communiquer et apprendre ne changeront pas, quels que soient les outils qui sont utiliser. J’aime.

    P.S.: Merci de me laisser étaler mes états d’âme et merci de me partager les vôtres, ça m’est grandement utile pour cheminer dans ma penser!

Rétroliens/Ping

  1. Hélène Dufour » Blog Archive » Youtube, que du divertissement?

Laissez un commentaire

Additional comments powered by BackType